Cette intervention est issue de la transcription écrite simultanée, elle est susceptible de comporter quelques erreurs.
Bonjour à tous.
Je ne suis plus chargé de mission, mais conseiller technique. Le nom seulement a changé.
La directrice de l’AGEFIPH a dit tout à l’heure que le conseil d’administration de l’AGEFIPH n’était pas sourd à nos revendications, c’est dommage. J’aurais aimé qu’il le soit un peu plus, à l’image de la vie réelle.
Mais c’est amical, le conseil de Paris n’est ni sourd ni aveugle, il est bien portant, donc cette recommandation vaut pour tous les pouvoirs publics.
Je suis content que le temps de mon interlocuteur ait été limité car si j’avais eu d’autres questions comme ça, j’aurais été embêté.
L’accessibilité dans la ville de Paris, c’était en 2001 aussi intégré que la question d’une future invasion par les Ovni.
Avant 2001, la question du handicap était souvent traitée par surprise.
Donc quand on est arrivé, on s’est dit : par où on commence ?
Donc on a commencé par dire au maire : Bertrand, mauvaise nouvelle, ça va te coûter cher.
Il a dit : OK, sur le handicap, il n’y aura jamais de problème d’argent. Quelles que soient les demandes, elles seront satisfaites dès lors que vous ferez en sorte que les services puissent dépenser l’argent mis au budget.
Aujourd’hui, par rapport à 2001, on a multiplié les budgets par dix.
Si j’en crois l’intervention de tout à l’heure, on n’a pas encore fini.
On a commencé par des choses qui relèvent strictement de nos compétences.
Le handicap est quelque chose de très éclaté en termes de compétences : parfois de l’État, parfois de la ville, parfois de la Région, et des choses qui ne relèvent de personne, mais j’espère qu’avec la nouvelle loi, on aura les moyens de traiter des parcours de vie plutôt que des tranches de personnes qui vont se transporter, et vont au travail, mais on ne sait pas qui gère le moment entre la voiture et le bureau, etc.
On a commencé à s’occuper de la voirie et du transport.
On a débattu avec les associations au sujet de la voirie : il n’y a pas assez de trois ou quatre personnes valides pour mettre tout le monde d’accord. D’ailleurs, ils ne nous ont pas mis d’accord, on a trouvé des compromis pour que la voirie soit globalement mise en accessibilité. Je sais que vous voyez tous des contre-exemples. On y met 5 millions d’euros par an : abaissement des trottoirs, des feux sonores, des bandes de guidage pour les aveugles. La voirie ne concerne pas trop les sourds en principe, on ne nous a pas interpellé sur le sujet.
D’ici trois ou quatre ans, une personne en fauteuil roulant devrait pouvoir se déplacer correctement dans la ville.
On a aménagé des arrêts de bus, pour qu’on puisse descendre des bus à palettes.
La voirie étant aménagée, on a mis en place un service de transport spécialisé pour permettre aux personnes handicapées motrices, aux aveugles et personnes sourdes de pouvoir être transportées plus aisément.
Ce service, Pam, fonctionne depuis novembre 2003.
Mes amis sourds, je n’avais pas tellement intégré leurs préoccupations parce que, entre un sourd et un aveugle, il faut quelques heures de discussions pour qu’on se comprenne.
Aujourd’hui, les personnes sourdes peuvent réserver par Internet, mais aussi par SMS.
Les nouvelles technologies arrivent.
Par ailleurs, on était surpris car on s’attendait à ce que notre service de transport soit saturé. On avait dit : il faut que ce soit les très grands handicapés, sinon... On a été surpris, car ça ne montait pas en charge.
Or, si on met en place des véhicules, il faut que les endroits où ils arrivent soient accessibles.
Donc on s’est occupé de l’accessibilité des lieux de culture, pour que nos véhicules transportent des personnes et non des frustrations.
Pour les personnes sourdes, on a aménagé des visites de jardins, on a installé des boucles magnétiques dans des théâtres, on a équipé deux nouvelles salles présentant des films sous-titrés en français.
Maintenant que la voirie est aménagée, qu’on a aménagé des lieux de culture, on se tourne vers un traitement un peu plus qualitatif de chaque déficience. L’objectif est de banaliser l’accueil des personnes sourdes, des personnes aveugles ou en fauteuil roulant.
Pour les sourds, c’est plus facile, car comme on est tous destiné à devenir sourd un jour, ça mobilise les politiques.
Les sourds, vous êtes compliqués.
On a privilégié des boucles magnétiques dans tous nos bâtiments.
Il y a maintenant des boucles magnétiques portables.
L’installation de Websourd dans 18 mairies sur 20, car il y en a encore deux où il y a des travaux.
L’installation de Websourd à l’hôtel de ville.
La mise en place d’une plate-forme juridique qui fonctionne depuis 2002, car c’est vrai qu’il faut que la loi soit accessible.
On fait plancher des gens, mais on a besoin de vous pour mettre le système en place.
On espère sortir bientôt une permanence emploi.
On a aussi un espace public numérique.
Pour ce qui est des concessions sur les parkings, je m’en occupe dès lundi.
Pour accéder à un parking pour un aveugle, ce n’est pas gagné non plus.
En tout cas, ça ne doit pas être très compliqué d’installer un visiophone.
On a fait voter par les mairies de Paris pour l’aménagement des bâtiments pour qu’ils soient accessibles à toutes situations de handicap.
Quand je suis à la tribune avec vous, je ne me sens pas handicapé, mais en quelques secondes, tout peut basculer. La sémantique est quelque chose d’important.
On a besoin de toutes les personnes déficientes auditives à la mairie de Paris, soyez-là, montrez-vous, soyez offensifs, citoyens, et sachez-le bien, on fera en sorte que la maison du handicap soit exemplaire, qu’elle soit dimensionnée par rapport aux personnes handicapées, cela ne pourra pas se faire sans vous, J’espère que vous serez encore plus casse-pieds que vous l’êtes, et je serai là pour vous recevoir.
Merci de m’avoir écouté.